Cloison en OSB ou placo : quelle solution choisir ?

# Cloison en OSB ou placo : quelle solution choisir ?

La construction et la rénovation des espaces intérieurs imposent aujourd’hui des choix techniques déterminants pour le confort, la durabilité et le budget des projets. Les cloisons représentent un poste majeur dans l’aménagement, avec près de 35% des surfaces verticales concernées dans une habitation moyenne. Face à cette réalité, deux matériaux dominent le marché français : les plaques de plâtre type BA13, communément appelées placo, et les panneaux OSB (Oriented Strand Board). Chacun possède ses caractéristiques propres, ses domaines d’excellence et ses limites techniques. Cette comparaison approfondie examine les propriétés mécaniques, acoustiques, thermiques et économiques de ces deux solutions pour vous permettre de faire un choix éclairé selon vos besoins spécifiques.

Caractéristiques techniques des panneaux OSB pour cloisons intérieures

L’OSB s’impose progressivement dans le secteur de la construction comme une alternative crédible aux solutions traditionnelles. Ce matériau composite bénéficie d’une évolution constante de ses performances techniques depuis son introduction en Europe dans les années 1980. Sa structure particulière lui confère des propriétés mécaniques remarquables qui méritent une analyse détaillée.

Composition et classes de résistance des panneaux OSB/3 et OSB/4

Les panneaux OSB se composent de lamelles de bois orientées issues principalement de résineux à croissance rapide comme l’épicéa ou le pin. Ces copeaux mesurent généralement entre 50 et 150 mm de longueur pour une épaisseur de 0,6 à 0,8 mm. Ils sont assemblés en trois ou quatre couches croisées à 90 degrés, puis compressés sous haute pression avec une résine polymère. Cette structure confère au panneau une résistance mécanique multidirectionnelle supérieure à celle du bois massif de même épaisseur.

La norme européenne EN 300 définit quatre classes d’OSB, mais seules deux concernent les applications structurelles en cloisons. L’OSB/3 représente la catégorie la plus utilisée pour les applications intérieures, avec une résistance à l’humidité modérée et une capacité portante en milieu humide. Ses valeurs de résistance à la flexion atteignent 20 N/mm² dans le sens longitudinal et 10 N/mm² dans le sens transversal. L’OSB/4, moins répandu mais plus performant, offre une résistance accrue avec des valeurs dépassant 30 N/mm² longitudinalement, le rendant adapté aux charges importantes et aux environnements plus contraignants.

Épaisseurs standards et capacité portante pour applications verticales

Pour les cloisons intérieures, les épaisseurs couramment utilisées varient entre 9 et 22 mm. Un panneau OSB/3 de 12 mm d’épaisseur supporte aisément une charge ponctuelle de 30 kg avec une cheville adaptée, tandis qu’une épaisseur de 15 mm permet d’atteindre 50 kg. Cette capacité portante représente un avantage majeur pour l’aménagement d’espaces nécessitant la fixation d’équipements lourds comme des étagères chargées ou du matériel audiovisuel.

Les dimensions standards des panneaux facilitent la mise en œuvre : 2500 x 1250 mm pour les grandes surfaces, ou 2440 x 1220 mm selon les fabricants. Certains producteurs proposent également des formats de 2500 x 625 mm, particulièrement adaptés aux cloisons de hauteur standard. La densité moyenne

des panneaux OSB se situe entre 600 et 680 kg/m³, ce qui contribue à leur bonne rigidité tout en restant compatible avec les ossatures légères. En cloison intérieure, on retient généralement un entraxe de montants de 40 à 60 cm pour limiter la flèche et garantir un bon comportement vis-à-vis des chocs du quotidien. Plus l’entraxe est réduit, plus la cloison en OSB gagne en stabilité, ce qui est particulièrement intéressant dans un garage ou un atelier où les sollicitations mécaniques sont fréquentes.

Taux d’humidité admissible et traitement ignifuge classe E

Le choix entre OSB/3 et OSB/4 pour une cloison intérieure dépend en grande partie des conditions d’humidité auxquelles le panneau sera exposé. Pour un usage en locaux secs ou faiblement humides (séjour, chambres, couloirs), un OSB/3 est généralement suffisant, avec un taux d’humidité d’équilibre compris entre 8 et 12% à 20°C et 65% d’humidité relative. En locaux plus exposés, comme un garage non chauffé ou une buanderie, l’OSB/3 reste utilisable, à condition d’assurer une bonne ventilation et de protéger les chants, zones les plus sensibles aux remontées capillaires.

Sur le plan de la réaction au feu, les panneaux OSB bruts sont classés en général en Euroclasse E, c’est-à-dire qu’ils sont combustibles, comme tout matériau bois. Pour améliorer leur comportement, certains fabricants proposent des OSB ignifugés bénéficiant d’une Euroclasse C ou D, obtenue par adjonction de sels ignifuges ou par traitement de surface. Dans les bâtiments d’habitation, il est fréquent de combiner un parement OSB avec une plaque de plâtre côté pièce pour atteindre une meilleure résistance au feu globale, tout en conservant les qualités mécaniques de l’OSB côté technique ou local annexe.

Vous prévoyez d’utiliser l’OSB pour une cloison séparant un garage d’une pièce de vie ? Il est alors indispensable de vérifier les exigences locales en matière de séparation coupe-feu, notamment en logement collectif. Dans certains cas, l’OSB devra être totalement recouvert par des parements classés A2-s1,d0 (comme les plaques de plâtre) pour répondre aux prescriptions réglementaires. Cette combinaison OSB + placo permet de tirer parti de la solidité du bois tout en sécurisant le comportement au feu de la paroi.

Coefficient de transmission thermique et performance acoustique en Rw(C;Ctr)

Sur le plan thermique, un panneau OSB présente une conductivité λ comprise entre 0,12 et 0,14 W/m.K, soit une performance légèrement meilleure que celle d’une plaque de plâtre (autour de 0,21 W/m.K), mais loin des isolants dédiés. Pour une cloison distributive, son rôle n’est donc pas de faire l’isolation principale, mais de contribuer au déphasage thermique de la paroi. Concrètement, l’OSB ralentit un peu plus les échanges de chaleur et amortit les variations de température, ce qui est appréciable dans un garage ou un atelier non chauffé accolé à une pièce de vie.

Acoustiquement, l’OSB offre des performances honorables, surtout lorsqu’il est combiné à un isolant en laine minérale dans l’ossature. Un simple parement d’OSB de 12 mm de chaque côté d’une ossature bois avec 45 mm de laine de verre permet d’atteindre un indice d’affaiblissement acoustique Rw(C;Ctr) de l’ordre de 35 à 38 dB, selon les essais publiés par certains fabricants. Cette valeur convient pour des cloisons internes de chambre ou de bureau, mais reste inférieure aux systèmes optimisés en plaques de plâtre multi-peaux.

Pour gagner quelques décibels sans augmenter l’épaisseur, on peut jouer sur la masse et la dissymétrie des parements : un OSB de 15 mm d’un côté et un OSB de 12 mm de l’autre, ou un OSB associé à une plaque de plâtre BA13, permettent de décaler les fréquences de résonance de la cloison. Cette approche, inspirée des systèmes acoustiques professionnels, améliore le confort phonique pour un surcoût modéré. Vous aménagez un studio de musique ou une salle de jeux ? Dans ce cas, il sera toutefois plus pertinent de s’orienter vers des solutions spécifiquement labellisées acoustiques, en complément éventuel de l’OSB pour la portance.

Propriétés du placo BA13 et variantes techniques pour cloisons

Les cloisons en plaques de plâtre, et en particulier le fameux BA13, restent la solution la plus répandue dans le résidentiel comme dans le tertiaire. Si le placo est autant plébiscité, c’est parce qu’il combine une grande facilité de mise en œuvre, une excellente planéité de surface et une large gamme de variantes techniques adaptées aux différentes contraintes : humidité, chocs, isolation phonique ou résistance au feu. Pour comparer objectivement cloison en OSB ou placo, il est donc nécessaire d’examiner ces différentes familles de produits.

Plaques de plâtre placoplatre BA13 hydrofuge et haute dureté glasroc

La plaque BA13 standard, d’une épaisseur de 12,5 mm, se compose d’un cœur en plâtre enrobé de carton recyclé. Elle convient à la plupart des pièces sèches, offrant une surface lisse prête à être peinte ou revêtue. Pour les pièces humides comme les salles de bains ou les cuisines, les fabricants proposent des plaques hydrofuges généralement reconnaissables à leur parement vert. Leur formulation spécifique limite l’absorption d’eau et permet une utilisation en locaux classés EB+ privatifs selon le classement des locaux humides.

Pour les zones soumises à de forts chocs (circulations, établissements recevant du public, chambres d’enfants), les plaques dites haute dureté ou de type Glasroc H et Glasroc X apportent une meilleure résistance mécanique et une surface plus dense. Ces plaques de plâtre enrichies en fibres de verre ou dotées d’un voile de verre en parement résistent mieux aux enfoncements et aux rayures, tout en conservant une mise en œuvre similaire au BA13 classique. Elles constituent une alternative intéressante à l’OSB lorsque la priorité est donnée à la planéité et au comportement au feu, sans sacrifier totalement la résistance aux chocs.

On trouve également des plaques techniques comme les plaques haute résistance à la fixation (type Habito, type Habito, Knauf Diamant, etc.), capables de supporter des charges importantes directement vissées sans renforts, jusqu’à 20 à 30 kg par point de fixation. Pour un bricoleur qui hésite entre cloison en OSB ou placo afin de pouvoir accrocher des éléments lourds, ces plaques haute performance représentent souvent un compromis très pertinent.

Ossature métallique stil et rails : montants 48mm, 70mm, 98mm

Les systèmes de cloisons en placo reposent sur une ossature métallique légère, généralement de marque Stil pour Placoplatre ou équivalents chez les autres fabricants. Cette ossature se compose de rails horizontaux et de montants verticaux, en acier galvanisé, disponibles en plusieurs largeurs : 48 mm, 70 mm et 98 mm. Le choix de la largeur conditionne à la fois l’épaisseur totale de la cloison et les performances acoustiques et mécaniques obtenues.

Une cloison Placostil 72/48, constituée d’un montant de 48 mm et de deux plaques de plâtre BA13 (une de chaque côté), représente la configuration la plus courante dans le logement. Pour des besoins accrus d’isolation phonique ou de passage de réseaux (plomberie, gaines techniques), les montants de 70 ou 98 mm sont privilégiés, permettant d’intégrer des épaisseurs de laine minérale plus importantes. L’entraxe standard des montants, 60 cm, peut être ramené à 40 cm dans les zones exposées aux chocs ou pour recevoir un parement lourd comme du carrelage.

Comparée à une ossature bois pour panneaux OSB, l’ossature métallique présente deux avantages majeurs : une stabilité dimensionnelle supérieure (pas de retrait ni de dilatation comme le bois) et une meilleure performance acoustique grâce à sa souplesse. Ce caractère légèrement « ressort » du métal limite la transmission directe des vibrations d’un parement à l’autre, ce qui se traduit par un gain de quelques décibels sur l’affaiblissement acoustique global de la cloison.

Performance phonique des systèmes placostil 72/48 avec laine minérale

La performance acoustique est l’un des points forts des cloisons en plaques de plâtre. Une cloison standard Placostil 72/48, avec un simple BA13 de chaque côté et 45 mm de laine de verre dans l’ossature, affiche typiquement un indice Rw(C;Ctr) voisin de 39 à 41 dB selon les configurations et les fabricants. Cette valeur répond déjà aux exigences réglementaires pour les cloisons séparatives entre pièces principales dans le logement individuel.

En passant à une double peau (deux BA13 de chaque côté) sur les mêmes montants de 48 mm avec laine minérale, on atteint couramment 47 à 50 dB, ce qui offre un confort acoustique très supérieur pour des chambres, bureaux ou studios de musique domestiques. Vous vous demandez si la différence est vraiment perceptible ? Oui : un gain de 3 dB correspond à peu près à une diminution de moitié de l’énergie sonore perçue, ce qui est loin d’être négligeable au quotidien.

Pour comparer objetivement cloison en OSB ou placo, il faut garder en tête cette notion de système complet : c’est l’association ossature + isolant + parements qui fait la performance, bien plus que le matériau du parement seul. Une cloison Placostil bien conçue peut ainsi surpasser nettement une cloison en OSB de même épaisseur en termes d’affaiblissement acoustique, tout en restant compétitive en coût et en facilité de mise en œuvre.

Résistance au feu M0 et certification coupe-feu EI30 à EI120

La résistance au feu constitue un autre atout majeur des cloisons en plaques de plâtre. Le plâtre étant constitué en grande partie d’eau cristallisée, il libère cette eau sous forme de vapeur en cas d’incendie, ce qui retarde fortement la montée en température des structures. Les plaques de plâtre standards bénéficient ainsi d’une excellente réaction au feu, classée A2-s1,d0, souvent assimilée à l’ancienne catégorie M0 (incombustible) dans le langage courant, même si la correspondance exacte doit être vérifiée au cas par cas.

Les systèmes de cloisons Placostil peuvent être certifiés coupe-feu selon différents niveaux : EI30, EI60, EI90 voire EI120, en fonction du nombre de parements, de la nature des plaques et de l’épaisseur de l’isolant. Ces valeurs indiquent la durée, en minutes, pendant laquelle la cloison conserve son intégrité (E) et son isolation thermique (I) lors d’un feu normalisé. Pour un logement individuel, une cloison EI30 ou EI60 entre garage et habitation est souvent demandée, tandis que pour les établissements recevant du public, des durées supérieures peuvent être exigées.

Dans une comparaison cloison en OSB ou placo, cet aspect ne doit pas être sous-estimé. L’OSB, matériau combustible, devra dans la plupart des cas être protégé par des parements incombustibles pour atteindre des performances coupe-feu équivalentes à un système en plaques de plâtre. Le recours à des systèmes industrialisés et certifiés simplifie fortement la démarche, en apportant des procès-verbaux d’essais à présenter en cas de contrôle ou de demande des assurances.

Mise en œuvre et assemblage : techniques de pose comparées

Au-delà des caractéristiques intrinsèques des matériaux, le choix entre cloison en OSB ou placo dépend aussi de la facilité de pose, du temps de chantier et des compétences nécessaires. Les deux solutions reposent sur un principe similaire d’ossature et de parements vissés, mais diffèrent sensiblement sur le poids des panneaux, le traitement des joints et les finitions. Pour un autoconstructeur, ces aspects pratiques peuvent peser lourd dans la décision finale.

Fixation mécanique des panneaux OSB sur ossature bois ou métallique

Les panneaux OSB se fixent traditionnellement sur une ossature en bois, constituée de montants et traverses en section 45×45 mm ou 60×40 mm, espacés de 40 ou 60 cm. Le vissage se fait à l’aide de vis à bois à filetage partiel, avec un entraxe de 15 cm en périphérie et 30 cm en partie courante. Pour garantir la rigidité de la cloison, il est important de soigner l’alignement des montants et de croiser les joints d’un rang de panneaux à l’autre, à la manière d’un mur en briques.

Il est également possible de visser les panneaux OSB sur une ossature métallique, à condition d’utiliser des vis adaptées au métal et de respecter les recommandations du fabricant. Cette configuration est intéressante lorsqu’on souhaite bénéficier de la souplesse acoustique de l’acier, tout en profitant de la résistance mécanique de l’OSB pour les fixations murales. Toutefois, cette combinaison reste moins documentée que les systèmes 100% bois ou 100% placo, et demande donc un peu plus de vigilance dans le dimensionnement.

Le poids des panneaux OSB, plus élevé que celui d’un BA13, doit être pris en compte lors de la manutention. Un panneau 2500×1250 mm en 15 mm d’épaisseur peut approcher les 30 kg, ce qui rend la pose à une seule personne délicate, surtout sous rampant ou en plafond. Une astuce consiste à privilégier les formats réduits (2500×625 mm) qui restent plus maniables tout en conservant une mise en œuvre rapide.

Montage des rails et montants pour système placostil à simple ou double peau

Le montage d’une cloison en placo s’effectue en plusieurs étapes bien codifiées. On commence par tracer l’implantation au sol et au plafond, puis par visser les rails horizontaux, en interposant une bande résiliente pour limiter la transmission acoustique. Les montants verticaux sont ensuite insérés et sertis dans les rails, avec un entraxe de 60 cm (ou 40 cm si nécessaire). Une fois l’ossature en place et les réseaux passés, les plaques de plâtre sont vissées face après face, en décalant les joints verticaux d’un côté par rapport à l’autre.

En simple peau, chaque côté reçoit une seule couche de BA13, ce qui suffit pour des cloisons distributives classiques. En double peau, une seconde plaque vient recouvrir la première en quinconce, ce qui augmente la masse, renforce la rigidité et améliore sensiblement l’acoustique. Cette technique peut être vue comme l’équivalent, pour le placo, d’un OSB plus épais ou d’un doublage OSB + BA13 pour l’OSB.

Vous avez déjà vissé des plaques de plâtre ? Alors vous savez que la difficulté principale ne réside pas dans le vissage lui-même, mais dans la gestion des joints et des finitions. Le système Placostil, industrialisé et très documenté, offre un cadre rassurant, avec des accessoires dédiés (rails, montants, vis, bandes, enduits) et des notices détaillées. C’est un peu comme suivre une recette de cuisine éprouvée, là où une cloison en OSB peut laisser plus de place à l’interprétation.

Traitement des joints : bandes calicot et enduit versus couvre-joints OSB

C’est souvent sur le traitement des joints que se joue la différence de temps de chantier entre cloison en OSB ou placo. Avec les plaques de plâtre, les bords amincis sont conçus pour recevoir des bandes à joint (calicot ou bandes armées), noyées dans un enduit spécifique. Deux à trois passes d’enduit, avec ponçage intermédiaire, sont nécessaires pour obtenir une surface parfaitement plane, prête à peindre ou à tapisser. Ce travail, plus technique qu’il n’y paraît, conditionne largement la qualité esthétique finale.

Avec l’OSB, la logique est différente. Les panneaux présentent souvent des chants droits ou rainurés-languettés. Dans une utilisation décorative brute, les joints peuvent être simplement laissés visibles, ce qui participe à l’esthétique « industrielle » ou « atelier ». Si l’on souhaite toutefois limiter les infiltrations d’air ou améliorer l’acoustique, il est possible de poser des couvre-joints en bois ou en métal, voire de réaliser un joint acrylique continu.

Vous envisagez de peindre l’OSB pour lui donner un aspect plus lisse ? Dans ce cas, il faudra prévoir un ratissage partiel ou total à l’enduit, et éventuellement un entoilage pour masquer les reliefs des lamelles. L’économie de temps initiale sur les joints peut alors se réduire sensiblement. À l’inverse, pour un atelier, un garage ou une cloison non destinée à être parfaitement lisse, l’OSB permet un montage rapide avec un minimum de finitions, ce qui en fait un excellent choix fonctionnel.

Coût au m² et rentabilité : analyse économique des deux solutions

Le coût d’une cloison intérieure ne se limite pas au prix des panneaux. Il faut y intégrer l’ossature, l’isolant, les accessoires, la main-d’œuvre et, bien sûr, le temps passé. En 2025, le prix moyen d’un panneau OSB/3 de 12 à 15 mm oscille entre 10 et 20 €/m² TTC, tandis qu’une plaque de plâtre BA13 standard se situe plutôt entre 3 et 6 €/m². À première vue, le placo semble donc plus économique à l’achat, mais la comparaison doit être affinée.

En cloison sur ossature, l’ossature bois pour OSB et l’ossature métallique pour placo reviennent à des coûts assez proches, de l’ordre de 5 à 10 €/m² selon la section et le traitement. L’isolant en laine minérale, nécessaire dans les deux cas pour une bonne isolation acoustique, représente 5 à 15 €/m² selon l’épaisseur et la marque. La différence se joue donc principalement sur le parement et sur le temps de mise en œuvre des finitions.

Pour une cloison esthétique, prête à peindre, le placo garde l’avantage : même en comptant le coût des bandes, de l’enduit et du ponçage, la main-d’œuvre est bien maîtrisée par les entreprises, avec des rendements de 15 à 25 m²/jour pour un plaquiste expérimenté. L’OSB, s’il doit être enduit ou recouvert pour obtenir une finition similaire, perd rapidement son avantage économique initial, car la préparation de surface devient plus lourde et plus coûteuse.

En revanche, pour un garage, un atelier, une buanderie ou une cloison technique, l’OSB peut se révéler plus rentable. Pourquoi ? Parce qu’il évite souvent la pose de renforts pour les charges lourdes et qu’il autorise des finitions brutes ou semi-brutes. Vous gagnez ainsi sur la main-d’œuvre et sur les accessoires (chevilles spéciales, renforts bois derrière le placo, etc.). En résumé, pour une cloison « pièce de vie », le placo s’impose généralement ; pour une cloison « pièce utilitaire », l’OSB peut être le meilleur candidat.

Finitions décoratives et compatibilité avec revêtements muraux

Le choix entre cloison en OSB ou placo ne se joue pas seulement sur la technique, mais aussi sur l’esthétique finale que vous visez. Le placo offre une toile de fond neutre, lisse, compatible avec quasiment tous les revêtements muraux : peinture, papier peint, toile de verre, enduit décoratif, carrelage, lambris… C’est un peu la « feuille blanche » du monde du bâtiment, sur laquelle tout est possible sans préparation complexe, hormis un primaire adapté.

L’OSB, avec son aspect bois fragmenté, apporte d’emblée une identité forte à l’espace. La finition brute, simplement vernie ou huilée, crée une atmosphère chaleureuse et contemporaine, très appréciée dans les intérieurs de style industriel ou scandinave. Cependant, cette surface irrégulière complique la pose de certains revêtements, notamment les papiers peints fins ou les peintures mates uniformes, qui risquent de marquer les reliefs des lamelles.

Vous souhaitez peindre votre cloison en OSB dans un ton clair ? Il sera alors indispensable d’appliquer un primaire bloquant pour limiter la remontée des tanins, puis de prévoir deux à trois couches de peinture. La texture du panneau restera visible, ce qui peut être recherché, mais si l’objectif est d’obtenir un rendu parfaitement lisse comparable à un mur en placo, un ragréage à l’enduit ou la pose d’un voile de verre sera nécessaire. À ce stade, le gain économique par rapport à une cloison BA13 devient discutable.

À l’inverse, le placo se prête très bien aux finitions haut de gamme : enduits à la chaux, béton ciré, grands carreaux de faïence, panneaux décoratifs. Sa planéité facilite la pose et garantit une bonne tenue dans le temps des revêtements. Pour des pièces humides, l’utilisation de plaques hydrofuges et de systèmes de protection (SPEC) permet même d’envisager des douches à l’italienne ou des crédences fortement sollicitées, là où l’OSB demanderait des précautions et des protections supplémentaires importantes.

Conformité DTU 25.41 et réglementation acoustique pour cloisons distributives

Dernier critère, mais non des moindres : la conformité réglementaire. En France, les cloisons en plaques de plâtre sur ossature métallique relèvent du DTU 25.41, qui définit les règles de l’art en matière de conception et de mise en œuvre. Ce document normatif encadre le choix des épaisseurs, l’entraxe des montants, la nature des fixations, le traitement des joints et les tolérances de planéité. En s’appuyant sur des systèmes industrialisés (Placostil, Optima, etc.), vous avez l’assurance de respecter ce cadre et de pouvoir faire valoir la conformité de votre chantier en cas de litige.

Les cloisons en OSB, quant à elles, ne bénéficient pas d’un DTU spécifique équivalent pour les usages distributifs intérieurs. Elles s’inscrivent plutôt dans le cadre général des constructions à ossature bois (DTU 31.2) ou de recommandations professionnelles publiées par les fabricants et les organismes comme le CSTB. Cela ne signifie pas qu’elles sont interdites, mais que leur dimensionnement et leur mise en œuvre doivent être justifiés au cas par cas, en particulier lorsqu’elles participent à la stabilité ou à la sécurité incendie du bâtiment.

Sur le plan acoustique, la réglementation française impose des performances minimales pour les cloisons séparatives entre logements (isolation aux bruits aériens, bruits de chocs, etc.), mais se montre moins contraignante pour les cloisons distributives internes au sein d’un même logement. Néanmoins, viser au moins 35 à 40 dB d’affaiblissement acoustique pour une cloison entre deux chambres reste une bonne pratique pour le confort au quotidien. Les systèmes Placostil et équivalents fournissent des PV de performance acoustique permettant de choisir en toute connaissance de cause.

Vous l’aurez compris, comparer cloison en OSB ou placo revient à arbitrer entre liberté de conception et cadre normatif. Le placo, très normé et bien documenté, rassure et simplifie la conformité, tandis que l’OSB offre plus de souplesse et de robustesse pour des usages spécifiques, au prix d’une responsabilité accrue sur le dimensionnement. En prenant en compte les exigences du DTU 25.41, de la réglementation acoustique et des règles incendie, vous pourrez orienter chaque type de cloison vers le matériau le plus pertinent : placo pour les pièces de vie et les parois réglementées, OSB pour les espaces techniques, les garages et les aménagements où la résistance et la modularité priment.