Comment démonter une véranda soi-même ?

Le démontage d’une véranda constitue une opération technique délicate qui nécessite une approche méthodique et une compréhension approfondie des systèmes constructifs. Que vous envisagiez de rénover votre espace, de réaliser des travaux d’isolation extérieure, ou simplement de remplacer une structure vieillissante, maîtriser les étapes du démontage vous permettra d’éviter des erreurs coûteuses. Cette intervention, bien que réalisable par un bricoleur averti, exige une planification rigoureuse et le respect de protocoles de sécurité stricts. Les vérandas modernes, qu’elles soient en aluminium, en PVC ou en bois, présentent des spécificités techniques qui influencent directement la stratégie de démontage à adopter.

Face à l’évolution des normes d’isolation thermique et aux exigences croissantes en matière de performance énergétique, nombreux sont les propriétaires qui choisissent de démonter temporairement leur véranda pour optimiser l’enveloppe thermique de leur habitation. Cette décision, motivée par des considérations économiques et environnementales, impose une méthodologie précise pour préserver l’intégrité de la structure et faciliter son remontage ultérieur. La valorisation des matériaux démontés représente également un enjeu important dans une perspective d’économie circulaire.

Évaluation structurelle et diagnostic préalable au démontage de véranda

Avant d’entreprendre tout démontage, vous devez réaliser un diagnostic complet de votre véranda pour identifier les points critiques et anticiper les difficultés potentielles. Cette phase d’analyse constitue le fondement d’une intervention réussie et sécurisée. L’observation minutieuse de chaque élément constructif vous permettra de déterminer la séquence optimale de démontage et d’estimer le temps nécessaire à l’opération. Prenez le temps de photographier systématiquement chaque étape avant toute manipulation, ces images constitueront une référence précieuse lors du remontage.

Identification des matériaux constitutifs : aluminium, PVC ou bois

La nature des matériaux détermine directement les techniques de démontage à employer et l’outillage nécessaire. Les vérandas en aluminium, largement répandues depuis les années 1990, présentent une structure relativement légère mais nécessitent une attention particulière lors du dévissage des assemblages pour éviter le vrillage des profilés. L’aluminium thermolaqué peut également se rayer facilement, ce qui réduit sa valeur de revente si vous envisagez de céder votre structure. Les vérandas en PVC, plus récentes, offrent généralement des systèmes de fixation simplifiés avec des clipsages mécaniques, bien que leur démontage exige une manipulation délicate pour ne pas fracturer les éléments. Les structures en bois, moins courantes mais appréciées pour leur esthétique, requièrent une vigilance accrue concernant l’état des assemblages et la présence éventuelle de dégradations biologiques.

Analyse des fixations murales et points d’ancrage au bâti existant

Les points de liaison entre la véranda et le bâtiment existant constituent les zones les plus critiques du démontage. Vous devez identifier précisément le type de fixations utilisées : chevilles mécaniques, scellements chimiques, ou ancrages traversants. La plupart des vérandas récentes utilisent des chevilles chimiques haute performance qui garantissent une résistance optimale aux sollicitations mécaniques et aux phénomènes de dilatation thermique. Ces fixations, particulièrement résistantes, nécess

ées parfois une découpe précise ou l’utilisation d’une meuleuse d’angle pour sectionner les tiges filetées sans arracher l’enduit de façade. Dans le cas de fixations traversantes, vous devrez anticiper un rebouchage plus conséquent du mur, notamment si la véranda était ancrée dans un isolant ou un doublage intérieur. Prenez soin de repérer et de marquer chaque point d’ancrage avant démontage : cette cartographie vous aidera à planifier les travaux de réfection murale et à estimer les matériaux nécessaires (enduit, mortier, peinture, etc.).

Vérification de l’état des joints d’étanchéité et mastics silicone

Les joints d’étanchéité et mastics silicone assurent la continuité de l’enveloppe entre la véranda et la maison, mais ils constituent aussi des points de résistance lors du démontage. Avant d’intervenir, inspectez visuellement toutes les zones de contact : sol, mur existant, toiture, appuis de baies et raccords de chéneaux. Les mastics vieillissants se craquellent, se décollent ou deviennent poreux, ce qui peut faciliter la découpe mais augmente aussi le risque d’infiltrations, que vous devrez traiter après le retrait de la véranda.

Pour limiter les arrachements d’enduit, vous pouvez pré-découper les cordons de silicone à l’aide d’un cutter à lame longue ou d’un couteau de vitrier, en longeant soigneusement les profilés aluminium ou PVC. Travaillez progressivement, sans tirer brutalement sur les montants : imaginez ce joint comme une fermeture éclair qu’il faut ouvrir patiemment plutôt que comme un adhésif à arracher d’un coup. Profitez de cette phase pour repérer d’éventuelles traces d’humidité sur le mur support, qui orienteront les travaux d’étanchéité à prévoir après le démontage.

Repérage du système d’évacuation des eaux pluviales et chenaux

Le système d’évacuation des eaux pluviales (EEP) d’une véranda – chéneaux, descentes, naissances et éventuelles gouttières intégrées – conditionne largement l’ordre de démontage de la toiture. Identifiez précisément le cheminement de l’eau : d’où elle arrive, par où elle transite, et où elle est rejetée. Les chéneaux aluminium ou PVC sont souvent fixés sur la bande de rive ou intégrés dans les profilés de toiture, avec des joints compressibles ou des mastics spécifiques. Un démontage précipité peut entraîner une déformation des chéneaux, rendant leur réutilisation plus complexe.

Repérez également les raccords entre la véranda et le réseau d’évacuation existant de la maison, notamment si une descente de gouttière commune est partagée. Dans certains cas, des manchons ou coudes encastrés dans la maçonnerie devront être sectionnés proprement pour ne pas endommager la façade. Vous pourrez ensuite planifier la façon dont vous boucherez provisoirement ou définitivement ces points d’évacuation, en fonction de votre projet (nouvelle véranda, extension maçonnée ou retour à un simple mur de façade).

Équipement et outillage nécessaire pour le démontage

Une fois le diagnostic structurel réalisé, la réussite du démontage de véranda repose sur la préparation de l’outillage et des équipements de sécurité. Un chantier bien organisé vous fera gagner un temps précieux et limitera les risques d’accidents, surtout lors de la dépose des vitrages et de la toiture. L’objectif est d’anticiper tous les besoins afin de ne pas interrompre l’opération pour aller chercher un outil manquant, situation toujours délicate lorsqu’un vitrage est déjà désolidarisé. Pensez aussi à prévoir des zones de stockage temporaire pour les vitrages, les profilés et les déchets.

Outils électroportatifs : visseuse-dévisseuse sans fil et meuleuse d’angle

La visseuse-dévisseuse sans fil constitue l’outil central pour démonter une véranda, en particulier pour la dépose des profilés aluminium ou PVC. Optez pour un modèle doté de plusieurs batteries afin d’éviter les interruptions, avec un couple de serrage réglable pour ne pas endommager les têtes de vis. Prévoyez un assortiment complet d’embouts : cruciformes, Torx, Pozidriv, ainsi que des forets métal pour pré-percer si nécessaire. Sur certaines vérandas de plus de 15 ans, des vis grippées ou oxydées imposent parfois l’utilisation de la percussion ou d’un extracteur de vis.

La meuleuse d’angle, équipée de disques adaptés (découpe métal et disque à tronçonner les tiges filetées), vous permettra de sectionner proprement les ancrages, rails et éléments de toiture inaccessibles par vissage. Utilisez-la avec prudence, en particulier à proximité des vitrages et des joints de dilatation : une étincelle mal dirigée peut fissurer un double vitrage ou marquer irrémédiablement un profilé thermolaqué. Vous pouvez comparer la meuleuse à un scalpel : indispensable pour certaines opérations, mais à manier avec une précision chirurgicale.

Matériel de protection individuelle et sécurisation du chantier

La dépose d’une véranda implique la manipulation de vitrages lourds, de profilés métalliques et l’utilisation d’outils coupants. Le port de lunettes de protection, de gants anti-coupures (norme EN 388), de chaussures de sécurité et d’un casque est donc indispensable. Pour les travaux en hauteur – toiture et chéneaux –, un harnais antichute peut être nécessaire, notamment si la véranda dépasse 3 mètres de haut ou si le sol alentour est irrégulier. Un masque anti-poussière est également recommandé lors de la découpe de mastics, de joints ou de scellements.

Pensez également à sécuriser la zone de travail : balisage avec rubalise, interdiction d’accès aux enfants et aux animaux domestiques, et dégagement d’un chemin de circulation pour déplacer les vitrages en toute sécurité. Vous pouvez installer des tréteaux ou des supports en bois recouverts de couvertures pour poser temporairement les vitrages démontés sans les rayer. Le chantier de démontage d’une véranda doit être envisagé comme un petit chantier de déconstruction : mieux il est organisé, plus il sera fluide et sûr.

Outillage manuel spécifique : clés allen, tournevis torx et pinces multiprises

Outre les outils électroportatifs, plusieurs outils manuels sont indispensables pour démonter proprement une véranda. De nombreuses structures aluminium et PVC utilisent des vis à empreinte Torx ou des systèmes de réglage par clés Allen, notamment pour les châssis coulissants et les portes. Constituez un jeu complet de clés Allen (métriques) et de tournevis Torx pour couvrir l’ensemble des configurations possibles. Une pince multiprise vous sera utile pour desserrer des écrous, pincer des clips métalliques ou maintenir des profilés pendant le dévissage.

Prévoyez également un marteau, un burin plat, un cutter robuste, un couteau à enduire et un pied-de-biche de petite taille. Ces outils vous aideront à décoller les parcloses, lever légèrement un vitrage pour le sortir de sa feuillure, ou encore dégager un rail encastré dans un joint de carrelage. Enfin, une simple cale en bois et un maillet en caoutchouc peuvent faire la différence pour décoincer un profilé sans le déformer, un peu comme un levier de précision qui multiplie votre force sans abîmer la structure.

Système d’échafaudage ou plateforme élévatrice pour toitures vitrées

Si votre véranda comporte une toiture vitrée ou en polycarbonate située à plus de 2 mètres de hauteur, un accès sécurisé par échafaudage ou plateforme élévatrice est vivement recommandé. Les échelles simples sont souvent insuffisantes pour travailler confortablement et manipuler des vitrages lourds en toute sécurité. Un échafaudage roulant, correctement stabilisé et équipé de garde-corps, vous permettra de circuler le long de la façade et de démonter progressivement les panneaux de toiture sans risque de chute.

Pour les vérandas de grande largeur ou adossées à des terrains en pente, la location d’une plateforme élévatrice peut s’avérer pertinente, notamment pour accéder aux chéneaux et aux points d’ancrage supérieurs. N’oubliez pas que la manutention des vitrages de toit se fait idéalement à deux personnes au minimum : prévoyez donc votre organisation humaine en même temps que votre équipement d’accès. Le surcoût lié à la location d’un échafaudage ou d’une nacelle est largement compensé par la sécurité et la précision d’intervention qu’ils offrent.

Dépose méthodique des vitrages et panneaux transparents

Une fois l’outillage prêt, la première grande étape opérationnelle consiste à déposer l’ensemble des vitrages et panneaux transparents de la véranda. Cette phase est cruciale, car elle conditionne la stabilité de la structure et la sécurité globale du chantier. L’objectif est de soulager au maximum l’ossature avant de s’attaquer au démontage des profilés porteurs. Vous procéderez généralement des éléments les plus accessibles (vitrages verticaux) vers les plus complexes (panneaux de toiture).

Retrait des parcloses et baguettes de maintien en aluminium

Les parcloses sont les baguettes de maintien qui bloquent les vitrages dans les cadres des menuiseries. Sur une véranda aluminium ou PVC, elles sont souvent clipsées ou vissées, parfois avec des caches-vis en plastique. Commencez par identifier le sens de démontage : dans la majorité des cas, les parcloses s’extraient en commençant par la plus courte, puis en remontant vers les plus longues. À l’aide d’un couteau à enduire fin ou d’un petit levier plastique, faites levier doucement au niveau d’un angle pour déclipser la première parclose.

Travaillez progressivement sur toute la longueur, sans torsion excessive, pour éviter de déformer le profilé aluminium. Une fois la première parclose retirée, les suivantes se démontent généralement plus facilement. Sur les parcloses vissées, retirez d’abord les caches, puis dévissez avec un embout adapté avant de dégager la baguette. Pensez à marquer chaque parclose (pièce de scotch et numérotation) afin de faciliter un éventuel remontage de la véranda ou sa revente en kit.

Extraction des doubles vitrages et vitrage feuilleté 44.2

Les doubles vitrages représentent une part importante du poids total d’une véranda. Leur dépose doit se faire avec méthode et à deux personnes minimum, surtout pour les vitrages de grande dimension. Après retrait des parcloses, vérifiez la présence éventuelle de cales de vitrage au bas de la feuillure : ces cales doivent être retirées ou déplacées pour libérer le vitrage. Inclinez très légèrement le vitrage vers l’intérieur ou l’extérieur (selon l’accessibilité) et soulevez-le de quelques millimètres pour le dégager.

Les vitrages feuilletés 44.2 (deux verres de 4 mm collés par un film PVB de 0,38 mm) sont fréquemment utilisés en toiture ou en allège pour des raisons de sécurité. Ils sont plus lourds qu’un vitrage simple et, en cas de casse, les fragments restent collés au film, ce qui complique la manipulation. Prévoyez donc des ventouses de vitrier pour faciliter la prise en main et limitez la distance de portage. Posez les vitrages démontés sur un support vertical légèrement incliné, protégé par des couvertures épaisses, en veillant à ne jamais les poser directement à même le sol.

Manipulation sécurisée des panneaux polycarbonate ou plaques acryliques

De nombreuses vérandas utilisent des panneaux de polycarbonate alvéolaire ou des plaques acryliques pour la toiture. Ces matériaux sont plus légers que le verre, mais ils se rayent facilement et peuvent devenir cassants avec le temps et les UV. Pour les démonter, commencez par retirer les profilés de recouvrement ou capots de chevrons qui maintiennent les panneaux. Ces éléments sont souvent vissés ou clipsés avec des joints en EPDM assurant l’étanchéité. Travaillez toujours dans le sens de la pente de la toiture pour éviter que l’eau résiduelle ne stagne dans les alvéoles ouvertes.

Manipulez chaque panneau à deux personnes, en le tenant par les grands côtés pour répartir les efforts et éviter les flambages. Si vous envisagez de réutiliser ces panneaux, bouchez immédiatement les alvéoles exposées à l’aide d’un adhésif micro-perforé ou d’un ruban spécifique, afin d’éviter l’infiltration de poussières ou d’insectes. Traitez ces panneaux comme de grandes feuilles de carton renforcé : souples mais fragiles en poinçonnement, ils exigent des appuis bien répartis et une manutention douce.

Démontage de la structure porteuse et ossature métallique

Une fois la véranda entièrement dévitrée, la structure porteuse apparaît dans toute sa simplicité : poteaux, traverses, chevrons et rails. Le démontage de cette ossature, qu’elle soit en aluminium, PVC renforcé ou bois, doit respecter un ordre précis pour maintenir la stabilité de l’ensemble jusqu’aux dernières étapes. Vous travaillerez de haut en bas et de l’extérieur vers l’intérieur, en veillant à ce que chaque élément démonté ne compromette pas l’équilibre des parties restantes.

Dévissage des profilés verticaux et poteaux d’angle en aluminium

Les poteaux d’angle et montants verticaux assurent le transfert des charges de la toiture vers la dalle. Pour les démonter, commencez par identifier leurs points de fixation : platines vissées au sol, équerres sur les murs, ou ancrages intégrés dans les rails. Dévissez d’abord les fixations supérieures (liaisons aux traverses et chevrons), tout en maintenant le poteau pour éviter qu’il ne bascule. Ensuite, retirez progressivement les fixations basses, en gardant toujours au moins deux points d’appui jusqu’au retrait complet.

Sur les vérandas en aluminium thermolaqué, utilisez des embouts parfaitement adaptés pour éviter de « foirer » les têtes de vis, souvent en acier inoxydable. Si une vis est grippée, n’hésitez pas à appliquer un dégrippant quelques heures avant, ou à recourir à la meuleuse pour sectionner la fixation au ras de la platine. Procédez poteau par poteau, en conservant provisoirement certains montants intermédiaires si nécessaire pour stabiliser les traverses restantes.

Dépose des traverses horizontales et barres de renfort structurel

Les traverses horizontales relient les montants verticaux et participent à la rigidité de la véranda, notamment contre les efforts de vent. Une fois les vitrages déposés, ces traverses deviennent beaucoup plus légères et faciles à manipuler. Commencez par les éléments les moins sollicités (traverses de soubassement ou intermédiaires), puis terminez par les traverses de tête, qui peuvent encore supporter des éléments de toiture. Dévissez toujours en maintenant la traverse pour éviter une chute soudaine.

Certains modèles de véranda intègrent des barres de renfort structurel en acier, insérées à l’intérieur de profilés aluminium. Si vous prévoyez de valoriser la structure en seconde main, essayez de conserver ces assemblages intacts. Dans le cas contraire, il peut être plus simple de sectionner les liaisons à la meuleuse en prenant soin de protéger les surfaces visibles. Rangez et étiquetez les traverses au fur et à mesure de leur dépose, afin de pouvoir reconstituer ultérieurement la géométrie d’origine si besoin.

Retrait de la toiture : chevrons, pannes et couverture en polycarbonate

Le démontage de la toiture est l’une des étapes les plus sensibles, car elle cumule travail en hauteur, éléments parfois lourds et risques de déséquilibre de la structure. Si les panneaux de couverture (verre ou polycarbonate) ont été déposés au préalable, il ne reste plus que les chevrons, pannes et éventuelles fermes métalliques. Commencez par les éléments périphériques les moins porteurs, puis progressez vers les chevrons principaux adossés au mur de la maison. Dévissez ou découpez les fixations une à une, en conservant toujours au moins deux points de liaison jusqu’à ce que le chevron soit pris en main par deux personnes.

Dans certains cas, la toiture de véranda s’insère sous un bandeau de couverture ou une bavette d’étanchéité scellée au mur. Il faudra alors décoller soigneusement ces éléments, voire les découper partiellement, pour libérer les extrémités des chevrons. Prenez soin de protéger la façade existante avec des bâches ou panneaux de contreplaqué pendant cette opération, pour éviter les chocs sur l’enduit ou les pierres de parement. Une fois la toiture totalement retirée, la structure restante se résume souvent à quelques montants et rails, beaucoup plus simples à démonter.

Extraction des rails au sol et seuils de porte coulissante

Les rails au sol et seuils de portes coulissantes sont généralement fixés mécaniquement à la dalle ou au carrelage, parfois noyés dans un lit de mortier ou de colle carrelage. Après avoir retiré les châssis coulissants et les ouvrants, identifiez les vis de fixation apparentes et retirez-les avec une visseuse. Si le rail résiste, c’est souvent qu’il est collé ou légèrement pris dans un joint ciment : utilisez alors un burin plat et un marteau pour le décoller progressivement, en veillant à ne pas éclater les carreaux adjacents si vous souhaitez les conserver.

Dans certains cas, notamment sur des vérandas posées il y a plus de vingt ans, le rail peut être scellé dans une réservation béton. Il faudra alors le sectionner en plusieurs tronçons à la meuleuse, puis extraire chaque partie à la pince multiprise. Profitez de cette étape pour évaluer l’état de la dalle ou de la terrasse : fissures, affaissements, zones d’humidité. Ces observations vous seront utiles pour dimensionner les travaux à venir, qu’il s’agisse d’une nouvelle véranda, d’une extension en dur ou d’un simple aménagement paysager.

Traitement des points de liaison et réfection murale

Une fois la véranda entièrement démontée, le bâti existant se retrouve mis à nu, laissant apparaître les traces de fixation, les éventuelles dégradations d’étanchéité et les reprises de maçonnerie nécessaires. Cette phase de réfection murale est souvent sous-estimée, alors qu’elle conditionne à la fois l’esthétique finale et la pérennité de l’enveloppe du bâtiment. Vous allez traiter successivement les scellements, les trous de fixation et la reconstitution de l’étanchéité.

Découpe et retrait des chevilles chimiques et scellements muraux

Les chevilles chimiques et scellements muraux laissent généralement dans la façade des tiges filetées ou des goujons dépassant de quelques centimètres. Pour les retirer proprement, commencez par les couper au plus ras de la surface à l’aide d’une scie à métaux ou d’une meuleuse équipée d’un disque fin. Portez impérativement des lunettes et un masque, car les projections de métal et de poussière sont fréquentes. Une fois les tiges sectionnées, vous pouvez soit les laisser noyées dans le mur, soit percer légèrement autour pour les extraire si elles sont peu profondes.

Dans le cas de scellements plus importants (cornières scellées, platines ancrées dans un linteau), il peut être nécessaire de dégager localement l’enduit de façade avec un burin et un marteau, voire un perforateur en mode burinage. L’objectif est de revenir à un support sain pour assurer une bonne accroche des enduits de rebouchage. Ne cherchez pas à tout arracher de force : un scellement bien réalisé fait corps avec la maçonnerie, et il est souvent plus judicieux de le laisser en place, noyé sous un nouveau revêtement.

Rebouchage des trous et fissures avec enduit de façade acrylique

Les trous laissés par les chevilles, vis et scellements doivent être rebouchés avec un matériau compatible avec la nature de votre façade (enduit ciment, enduit chaux, pierre, brique). Pour une façade enduite classique, un enduit de façade acrylique prêt à l’emploi constitue une solution pratique : il offre une bonne adhérence, une certaine souplesse et une résistance satisfaisante aux intempéries. Nettoyez soigneusement chaque trou ou fissure (dépoussiérage, éventuellement humidification légère) avant d’appliquer l’enduit à l’aide d’un couteau de peintre.

Appliquez l’enduit en légère surcharge, puis lissez-le pour épouser le grain de l’enduit existant. Après séchage complet, il pourra être poncé et peint pour retrouver l’aspect d’origine du mur. Pour les fissures plus importantes ou les parties d’enduit arrachées lors du démontage, vous devrez peut-être procéder à une reprise localisée sur une zone plus large, en respectant les temps de séchage recommandés par le fabricant. N’hésitez pas à travailler en plusieurs passes pour obtenir un résultat durable et esthétique.

Reconstitution de l’étanchéité : bandes d’arase et membranes bitumineuses

Le démontage d’une véranda met souvent à nu des zones de la façade qui n’étaient plus directement exposées aux intempéries : bandeaux d’étanchéité, anciennes bavettes, solin de toiture, etc. Pour éviter toute infiltration, vous devrez reconstituer une barrière continue d’étanchéité. Sur les parties basses (liaison dalle/mur), la pose ou la reprise de bandes d’arase peut s’avérer nécessaire, notamment si vous prévoyez un revêtement de sol extérieur ou une nouvelle isolation de façade. Ces bandes, en bitume ou en matériaux synthétiques, coupent les remontées capillaires et protègent la base du mur.

Sur les parties hautes, en particulier au niveau de l’ancien appui de toiture de la véranda, l’utilisation de membranes bitumineuses ou de bandes d’étanchéité auto-adhésives permet de couvrir les anciennes zones d’accrochage. Vous les appliquerez sur un support propre et sec, en veillant à assurer un recouvrement suffisant avec les éléments existants (tuiles, ardoises, bandeaux). En cas de doute sur la configuration idéale, il peut être pertinent de solliciter l’avis d’un couvreur, car une infiltration mal traitée peut engendrer des désordres importants à moyen terme.

Gestion des déchets et valorisation des matériaux recyclables

Le démontage d’une véranda génère une quantité non négligeable de déchets : profilés aluminium ou PVC, vitrages, panneaux polycarbonate, visserie, mastics et gravats. Une bonne gestion de ces matériaux s’inscrit dans une démarche à la fois économique et écologique. En effet, l’aluminium et le verre se recyclent très bien, tandis que certains éléments de menuiserie peuvent être valorisés sur le marché de l’occasion si vous avez démonté la structure proprement.

Triez les déchets dès le démontage : vitres d’un côté, profilés métalliques de l’autre, plastiques et joints séparément. L’aluminium, par exemple, est très recherché dans les filières de recyclage et peut représenter une petite source de revenu si vous le déposez auprès d’un ferrailleur. Les doubles vitrages en bon état, les châssis coulissants fonctionnels et les panneaux polycarbonate peuvent intéresser des particuliers ou des artisans pour des projets de serre, d’abri de jardin ou de véranda d’occasion. Dans ce cas, conservez si possible les notices, la quincaillerie et la visserie compatible.

Pour le reste des déchets (mastics, vieux joints, petits gravats), orientez-vous vers votre déchèterie locale, qui dispose de bennes dédiées aux déchets inertes, aux métaux, au verre et aux plastiques. Renseignez-vous en amont sur les conditions d’accès, les volumes acceptés et les éventuels coûts associés. En planifiant correctement cette étape de gestion des déchets, vous clôturerez votre chantier de démontage de véranda dans de bonnes conditions, tout en limitant l’impact environnemental de votre projet.