Comment enlever du joint acrylique facilement ?

Le joint acrylique est un matériau d’étanchéité prisé pour sa facilité d’application et son prix abordable. Cependant, son retrait peut rapidement devenir un véritable casse-tête lorsqu’il vieillit, noircit ou nécessite un remplacement. Contrairement au silicone, le joint acrylique présente des propriétés spécifiques qui exigent des techniques adaptées pour son élimination. Que vous soyez confronté à un joint détérioré dans votre salle de bain, autour d’une fenêtre ou le long de plinthes, comprendre les méthodes efficaces de retrait vous permettra d’éviter d’endommager vos supports tout en préparant correctement la surface pour une nouvelle application. Les professionnels du bâtiment savent qu’un retrait méthodique et soigné constitue la première étape essentielle vers un résultat d’étanchéité durable et esthétique.

Identifier la composition chimique du joint acrylique avant retrait

Avant d’entreprendre toute opération de retrait, vous devez impérativement déterminer la nature exacte du mastic que vous souhaitez enlever. Cette identification préalable conditionnera le choix de vos outils et produits, évitant ainsi des dommages irréversibles sur vos supports. La confusion entre joint acrylique et joint silicone représente l’erreur la plus fréquente, et pourtant ces deux matériaux réagissent différemment aux solvants et techniques mécaniques.

Distinction entre joint acrylique polymère et joint silicone acétique

Le joint acrylique polymère se caractérise par sa capacité à être peint, une propriété que le silicone ne possède pas. Cette distinction fondamentale vous permet déjà d’orienter votre diagnostic. L’acrylique présente également une texture moins élastique et plus rigide une fois sec, tandis que le silicone conserve une souplesse permanente. Au niveau olfactif, le joint silicone acétique dégage une forte odeur de vinaigre lors de son application, alors que l’acrylique reste pratiquement inodore. Cette différence chimique a des conséquences directes sur les méthodes de dissolution : l’acrylique réagit favorablement à l’eau et aux solvants doux, tandis que le silicone nécessite des produits spécifiques bien plus agressifs.

Tester la souplesse et l’élasticité du mastic avec la technique du couteau

Pour identifier précisément votre joint, pratiquez un test simple avec la pointe d’un couteau. Enfoncez légèrement la lame dans le joint : si le matériau s’effrite ou se fragmente, il s’agit probablement d’acrylique. À l’inverse, si le joint se déforme élastiquement et reprend sa forme initiale, vous êtes en présence de silicone. L’acrylique durci présente une consistance comparable à du plâtre tendre, alors que le silicone offre une résistance caoutchouteuse. Cette différence de comportement mécanique explique pourquoi les techniques de grattage fonctionnent mieux sur l’acrylique, qui se détache par fragments, plutôt que sur le silicone qui s’étire sans se rompre facilement.

Vérifier l’âge du joint pour adapter la méthode de dissolution

L’ancienneté du joint acrylique influence considérablement la stratégie de retrait à adopter. Un joint récent, appliqué depuis moins de six mois, conserve une certaine souplesse et peut souvent être retiré mécaniquement sans recours massif aux solvants. En revanche, un joint a

crylique de plus de cinq ans devient souvent cassant, adhère fortement au support et résiste davantage aux méthodes classiques. Dans ce cas, il est recommandé de combiner un grattage mécanique minutieux avec l’utilisation de solvants adaptés pour ramollir le mastic avant de le retirer. Sur les joints très anciens, notamment en extérieur, il peut être nécessaire de procéder par passes successives, en alternant incision, dissolution partielle et arrachage du cordon. Gardez à l’esprit qu’un joint très durci mettra plus de temps à réagir aux produits chimiques, d’où l’importance de respecter les temps de pose indiqués par les fabricants.

Repérer les joints peints ou vernis nécessitant un décapage préalable

De nombreux joints acryliques sont recouverts de peinture, voire d’un vernis protecteur, ce qui complique leur retrait. Avant de commencer à gratter, observez la surface : si le joint présente la même couleur que le mur ou la boiserie, il est fort probable qu’il ait été peint. Dans ce cas, toute tentative de retrait direct risque d’arracher la couche de finition et de laisser des éclats disgracieux. Il est donc préférable de décaper au préalable la peinture à l’aide d’un décapant chimique adapté ou d’un léger ponçage localisé avant d’attaquer le mastic lui-même.

Sur les boiseries vernies ou laquées, procédez encore plus prudemment. Vous pouvez, par exemple, entailler délicatement la couche de peinture au cutter de part et d’autre du joint avant de le retirer. Cette incision crée une ligne de rupture nette qui limite l’arrachement de la peinture adjacente. Vous évitez ainsi de devoir repeindre de grandes zones après intervention. Cette étape préparatoire peut sembler fastidieuse, mais elle fait gagner un temps considérable sur les travaux de finition.

Techniques mécaniques de grattage et découpe du joint acrylique

Une fois la nature du joint clairement identifiée, les techniques mécaniques constituent la première approche à privilégier. Le retrait par grattage et découpe est particulièrement efficace sur le joint acrylique, car sa structure polymère se fragmente sous l’action d’une lame bien affûtée. L’objectif est de retirer le maximum de matière sans endommager le support, qu’il s’agisse de carrelage, de bois ou de PVC. En choisissant les bons outils et en adoptant les bons gestes, vous pouvez retirer un joint acrylique durci de manière propre et contrôlée.

Utilisation du cutter stanley avec lame trapézoïdale pour l’incision initiale

Le cutter Stanley équipé d’une lame trapézoïdale reste l’outil de base pour inciser un joint acrylique. Commencez par régler la sortie de lame au minimum pour garder le contrôle de votre geste, surtout sur des supports fragiles. Placez ensuite la lame parallèlement au support et longez le joint en exerçant une pression régulière, comme si vous vouliez « ouvrir » le cordon sur toute sa longueur. Réalisez deux incisions, l’une côté mur, l’autre côté élément à jointer (baignoire, dormant de fenêtre, plinthe).

Cette double incision permet de séparer mécaniquement le joint de chaque surface, ce qui facilitera ensuite son arrachage. Travaillez toujours en tirant le cutter vers vous de manière contrôlée, et non en le poussant, pour éviter tout dérapage. Sur les joints très épais, n’hésitez pas à repasser plusieurs fois au même endroit plutôt que de forcer inutilement. Une lame neuve est indispensable : une lame émoussée dérape plus facilement et risque de rayer le support sans pour autant mieux couper le mastic.

Grattoir triangulaire wolfcraft pour les surfaces planes et carrelage

Une fois les premières incisions réalisées, le grattoir triangulaire Wolfcraft se révèle particulièrement efficace sur les surfaces planes, comme le carrelage mural ou les plans de travail. Sa pointe en forme de triangle permet de venir se loger au cœur du joint et de le « soulever » par segments. Placez l’outil à un angle de 30 à 45 degrés par rapport au support, puis tirez fermement mais sans à-coups. Vous verrez souvent le joint se détacher par bandes entières, ce qui accélère considérablement le travail.

Sur la faïence émaillée, gardez une pression modérée pour ne pas entamer la couche d’émail. Si vous sentez une résistance anormale, revenez en arrière, ré-incisez légèrement au cutter, puis reprenez le grattage. Le grattoir triangulaire présente l’avantage de répartir la pression sur une petite surface de contact, ce qui maximise l’efficacité sans concentrer l’effort sur un point unique. Pour des lignes de joints longues, notamment autour d’une baignoire ou d’un plan de travail, alterner cutter et grattoir reste la combinaison la plus rapide.

Spatule à joint rigide pour décoller les résidus sans rayer le support

Après avoir retiré le « gros » du joint, il subsiste presque toujours une fine pellicule d’acrylique fortement adhérente. C’est là qu’intervient la spatule à joint rigide, généralement en acier inox ou en plastique technique. Choisissez une spatule à bord fin, mais non tranchant, pour pouvoir la glisser sous la pellicule de mastic sans abîmer la surface. Travaillez par petites sections, en faisant levier de manière progressive, un peu comme lorsque vous décollez une étiquette récalcitrante.

Sur des surfaces sensibles comme l’acrylique sanitaire ou certains PVC brillants, privilégiez une spatule en plastique dur. Elle exercera une action de grattage suffisante pour enlever le joint acrylique tout en limitant drastiquement le risque de rayure. Vous pouvez, si nécessaire, humidifier légèrement la zone avec de l’eau tiède ou un nettoyant doux : l’acrylique a tendance à se ramollir au contact de l’humidité, ce qui facilite son décollement sous la spatule. Patience et régularité priment ici sur la force brute.

Retrait au ciseau à bois sur les boiseries et encadrements de fenêtre

Sur les supports en bois, notamment les encadrements de fenêtres, les plinthes ou les moulures, le ciseau à bois est un allié de choix. Contrairement à ce que l’on pourrait penser, il ne s’agit pas de « tailler » dans le bois, mais d’utiliser la lame comme un grattoir extrêmement précis. Positionnez le biseau du ciseau à bois à plat contre le support, avec un angle très faible (environ 15 degrés), puis poussez doucement dans le sens du fil du bois. Le joint acrylique se détachera en fines languettes, tandis que le bois restera intact si vous respectez cet angle.

Sur les menuiseries peintes, cette méthode permet de préserver la plupart des couches de finition, à condition de rester léger sur la pression. Si vous sentez que la lame commence à mordre dans le bois, corrigez immédiatement l’angle ou allégerez votre geste. Le ciseau à bois offre une précision quasi chirurgicale, idéale pour les zones d’angle et les petites moulures. Pour un résultat optimal, veillez à ce que votre outil soit parfaitement affûté : une lame émoussée nécessite plus d’effort et augmente le risque d’accrochage dans le support.

Solvants et produits chimiques pour dissoudre le joint acrylique durci

Lorsque les techniques mécaniques ne suffisent pas, ou lorsque le joint acrylique est particulièrement durci et épais, le recours aux solvants devient une option pertinente. L’objectif n’est pas de « faire disparaître » chimiquement tout le mastic, mais de le ramollir suffisamment pour faciliter son extraction. Comme pour toute intervention chimique, le choix du produit doit tenir compte de la nature du support et des conditions de ventilation. Quelques produits courants, bien utilisés, permettent d’obtenir un retrait propre tout en maîtrisant les risques.

White spirit et essence de térébenthine pour ramollir l’acrylique polymérisé

Le white spirit et l’essence de térébenthine sont souvent utilisés pour ramollir les peintures et vernis, mais ils se montrent également efficaces sur de nombreux joints acryliques polymérisés. Imbibez généreusement un chiffon propre, puis appliquez-le sur le joint en le maintenant en contact pendant plusieurs minutes. Vous pouvez, par exemple, « bander » le joint avec une bande de chiffon imbibé, afin de prolonger l’action du solvant sans qu’il s’évapore trop vite. Après 10 à 20 minutes, testez le mastic : s’il devient plus mou et légèrement collant, vous pouvez reprendre le grattage.

Ces solvants restent relativement doux pour la plupart des supports minéraux (carrelage, béton, pierre) et de nombreuses peintures glycéro. En revanche, ils peuvent attaquer certains plastiques ou vernis acryliques récents. Il est donc recommandé d’effectuer un essai préalable sur une zone peu visible. Dans les pièces peu ventilées, comme une salle de bain sans fenêtre, veillez à aérer régulièrement et à porter un masque adapté aux solvants organiques pour limiter l’inhalation de vapeurs.

Acétone pure concentrée sur les joints résistants et épais

L’acétone pure fait partie des solvants les plus puissants accessibles au grand public, et son efficacité sur les joints acryliques récalcitrants est bien connue des professionnels. Son action est rapide : en quelques minutes, elle parvient à ramollir en profondeur un cordon de mastic dense, ce qui permet ensuite de le retirer par plaques entières à la spatule. Appliquez l’acétone avec parcimonie, à l’aide d’un pinceau ou d’un chiffon, en veillant à ne pas en répandre sur les parties sensibles alentour.

Attention toutefois : l’acétone peut endommager gravement certains supports, notamment les plastiques, le PVC, les baignoires en acrylique sanitaire, ainsi que les peintures et vernis non compatibles. Sur ces matériaux, il est indispensable de lire les recommandations du fabricant ou de privilégier des alternatives moins agressives. Travaillez toujours dans une pièce bien ventilée, avec des gants résistants aux solvants et, si possible, des lunettes de protection. L’acétone doit être utilisée comme une « solution de dernier recours » sur les joints vraiment tenaces, et non comme la première option systématique.

Décapant spécifique rubson ou sika pour retrait sans résidu

Pour un retrait de joint acrylique plus sécurisé, les décapants spécifiques proposés par des marques comme Rubson ou Sika représentent une alternative intéressante. Ces produits sont formulés pour attaquer sélectivement les mastics et colles, tout en préservant la plupart des supports usuels (carrelage, verre, métal, certains plastiques). Ils se présentent généralement sous forme de gel, ce qui permet une application ciblée sur le joint sans coulure. Il suffit de recouvrir le cordon de produit, de laisser agir le temps indiqué (souvent entre 30 minutes et 2 heures), puis de retirer le mastic ramolli à l’aide d’une spatule.

Le principal avantage de ces décapants spécifiques réside dans leur capacité à réduire les résidus. Le joint acrylique se transforme en une masse pâteuse qui s’enlève presque intégralement, limitant ainsi les opérations de grattage final. Ces solutions sont particulièrement adaptées lorsque vous devez intervenir sur des supports coûteux ou fragiles, comme une crédence en verre, une robinetterie haut de gamme ou un receveur de douche en résine. Même si leur coût au litre est plus élevé que celui des solvants génériques, le gain de temps et la réduction des risques de dégâts justifient souvent l’investissement.

Méthodes thermiques pour faciliter le retrait du mastic acrylique

La chaleur constitue un excellent allié pour retirer facilement un joint acrylique, surtout lorsqu’il est très durci ou fissuré. Sous l’effet de la température, la structure polymère du mastic se détend, perd en rigidité et devient plus malléable. L’opération est comparable à celle d’un chewing-gum que l’on réchauffe : il devient plus souple et plus facile à étirer ou à détacher. En combinant une montée en température contrôlée avec les techniques mécaniques décrites plus haut, vous pouvez obtenir un retrait rapide et propre, même sur des joints anciens.

Décapeur thermique bosch réglé entre 300°C et 400°C pour assouplissement

Le décapeur thermique Bosch, ou tout autre modèle de qualité équivalente, permet de concentrer une chaleur importante sur une zone précise. Pour le joint acrylique, un réglage compris entre 300°C et 400°C est généralement suffisant pour ramollir la matière sans brûler le support. Tenez l’outil à une distance de 5 à 10 centimètres du joint et déplacez-le en mouvement continu, comme si vous « peigniez » la ligne de mastic avec de l’air chaud. Après quelques passages, testez la souplesse du joint avec la pointe d’un tournevis ou d’une spatule.

Une fois le mastic suffisamment assoupli, intervenez immédiatement avec un grattoir ou une spatule pour le retirer avant qu’il ne refroidisse et ne se rigidifie à nouveau. Travaillez par tronçons de 30 à 50 centimètres pour conserver un bon contrôle thermique. Sur des supports sensibles à la chaleur, comme certaines peintures ou revêtements plastifiés, réduisez la température et augmentez la distance de travail. Portez systématiquement des gants résistants à la chaleur, car le joint chauffé peut rester brûlant plusieurs minutes après l’arrêt du décapeur.

Sèche-cheveux haute puissance pour les petites surfaces délicates

Sur des surfaces plus fragiles ou des zones difficiles d’accès, le simple sèche-cheveux haute puissance peut suffire. Certes, la température maximale reste bien inférieure à celle d’un décapeur thermique, mais l’effet combiné de la chaleur modérée et du temps d’exposition prolongé assouplit malgré tout l’acrylique. C’est une solution idéale pour les petits joints autour d’un lavabo en résine, d’une robinetterie chromée ou d’un élément en PVC à proximité d’un vitrage. Vous limitez ainsi les risques de déformation ou de jaunissement liés à une température excessive.

Pour optimiser cette méthode, positionnez le sèche-cheveux au plus près du joint, sur la position de chaleur maximale, et chauffez pendant 2 à 3 minutes par section. Testez régulièrement la température du support avec le dos de la main : s’il devient à peine supportable au toucher, faites une pause pour éviter toute surchauffe. Dès que le joint semble plus souple, grattez-le avec une petite spatule en plastique ou un outil d’enlèvement de joint dédié. Cette approche, certes plus lente que le décapeur thermique, offre une marge d’erreur plus large pour les bricoleurs débutants.

Précautions sur PVC, acrylique sanitaire et surfaces thermosensibles

Les matériaux comme le PVC, l’acrylique sanitaire, certains stratifiés ou les revêtements vinyles sont particulièrement sensibles à la chaleur. Une température trop élevée peut provoquer déformation, cloques, jaunissement ou fissuration. Avant de recourir à un outil thermique sur ce type de support, renseignez-vous sur les températures maximales admissibles indiquées par le fabricant. À défaut, adoptez une approche prudente : distance de sécurité accrue, temps d’exposition réduit, et contrôle fréquent au toucher.

Si vous remarquez le moindre changement d’aspect (brillance altérée, léger gauchissement, odeur de plastique chauffé), interrompez immédiatement le chauffage et laissez refroidir. Dans bien des cas, il sera préférable de privilégier les solvants doux ou le simple grattage mécanique sur ces supports thermosensibles. Rappelez-vous que l’objectif est de retirer le joint acrylique en préservant l’intégrité du support : mieux vaut passer un peu plus de temps avec un grattoir que de devoir remplacer une baignoire ou un profilé de fenêtre endommagé par une chaleur excessive.

Nettoyage et préparation du support après extraction du joint

Une fois le joint acrylique retiré, le travail n’est pas terminé pour autant. Pour garantir une bonne adhérence du futur mastic et une étanchéité durable, le support doit être parfaitement propre, sec et sain. Des résidus de mastic, de poussière ou de graisse suffisent à compromettre l’accrochage du nouveau joint, ce qui peut entraîner des infiltrations d’eau ou des fissurations prématurées. Une phase de nettoyage méticuleux et de préparation du support est donc indispensable avant toute réapplication.

Élimination des résidus collants avec chiffon imbibé d’alcool isopropylique

L’alcool isopropylique est particulièrement efficace pour éliminer les derniers résidus collants de joint acrylique ainsi que les traces de solvants gras (white spirit, térébenthine). Imbibez un chiffon non pelucheux d’alcool isopropylique, puis frottez vigoureusement la zone précédemment jointe. Vous constaterez que les petites pellicules restantes se dissolvent ou se décollent plus facilement sous l’effet combiné du solvant et de l’action mécanique.

Cette étape présente un double avantage : elle nettoie les résidus de mastic, mais dégraisse également la surface, condition essentielle pour une bonne accroche du futur joint. L’alcool isopropylique s’évapore rapidement, laissant la surface sèche en quelques minutes seulement. Il convient à la plupart des supports modernes (carrelage, verre, métal, stratifié), mais comme toujours, un essai sur une petite zone discrète reste recommandé pour les matériaux spécifiques ou délicats.

Brossage à la brosse métallique sur béton et pierre naturelle

Sur les supports rugueux comme le béton, la brique ou certaines pierres naturelles, le joint acrylique a tendance à s’incruster dans les pores et les microaspérités. Dans ces cas, un simple chiffon ne suffit pas. Utilisez une brosse métallique de dureté moyenne et brossez vigoureusement la ligne de joint, dans le sens des reliefs du matériau. Cette action mécanique permet de détacher les fragments de mastic restés coincés et de les faire remonter en surface.

Après ce brossage, aspirez ou balayez soigneusement les poussières et débris pour ne pas les emprisonner sous le futur joint. Si la pierre ou le béton doit rester apparent et sans nouveau joint, vous pouvez compléter le nettoyage par un léger lavage à l’eau claire ou au nettoyant spécifique pierre, en prenant soin de laisser sécher complètement avant tout autre traitement de surface. Le brossage métallique, bien mené, permet de retrouver un support minéral propre, sans altérer sa texture d’origine.

Ponçage fin grain 120 pour surfaces bois avant réapplication

Les supports en bois, qu’ils soient bruts, vernis ou peints, gagnent à être légèrement poncés après retrait du joint. Utilisez un papier abrasif grain 120, éventuellement monté sur une cale, et poncez doucement la zone de contact du futur joint. L’objectif n’est pas d’enlever de la matière, mais d’éliminer les petites aspérités et restes de mastic tout en créant une surface légèrement « accrocheuse » pour le nouvel acrylique. Cette préparation favorise une liaison mécanique solide entre le bois et le mastic.

Après ponçage, dépoussiérez soigneusement à l’aide d’une brosse souple ou d’un aspirateur muni d’un embout adapté, puis passez un chiffon légèrement humide pour retirer les poussières fines résiduelles. Laissez sécher complètement avant de poser le nouveau joint. Sur des boiseries destinées à être repeintes après rejointoiement, ce ponçage constitue également une excellente base pour l’accrochage de la future peinture, ce qui vous permet de regrouper plusieurs étapes de préparation en une seule.

Dégraissage à l’acétone des joints de salle de bain et cuisine

Dans les pièces humides comme la salle de bain et la cuisine, les surfaces soumises à des projections de savon, de graisse ou de produits ménagers doivent être rigoureusement dégraissées avant la pose d’un nouveau joint. L’acétone, utilisée avec modération et sur des supports compatibles, offre un excellent pouvoir dégraissant. Appliquez-la au chiffon sur les zones de jonction (rebord de baignoire, crédence de cuisine, plan de travail), en frottant jusqu’à ce que la surface retrouve un aspect mat et homogène.

Veillez toutefois à ne jamais utiliser d’acétone sur les baignoires en acrylique sanitaire, certains PVC ou résines synthétiques sensibles à ce solvant. Sur ces supports, privilégiez un dégraissant spécifique pour salle de bain ou un simple alcool ménager. Quelle que soit la solution choisie, l’idée reste la même : éliminer tout film gras invisible à l’œil nu qui pourrait empêcher le nouveau joint acrylique d’adhérer correctement et favoriser à terme des infiltrations d’eau.

Erreurs courantes et solutions pour un retrait sans dommage

Retirer un joint acrylique semble, à première vue, une opération simple. Pourtant, de nombreuses erreurs fréquentes peuvent entraîner des dégâts coûteux : peinture arrachée, faïence rayée, joints adjacents détériorés. En connaissant ces pièges à l’avance, vous pourrez les éviter et gagner un temps précieux. Il s’agit souvent de questions de méthode, de choix d’outils, ou encore de précipitation dans l’utilisation des solvants ou de la chaleur.

Éviter l’arrachement de peinture sur plâtre et cloisons sèches

Sur les murs en plâtre ou en plaques de plâtre (placo) peints, l’un des risques majeurs est l’arrachement de larges plaques de peinture lors du retrait du joint. Ce phénomène se produit lorsque le mastic acrylique s’est fortement lié à la couche de peinture, formant un « pont » entre le bord du joint et le support. En le tirant d’un seul coup, vous emportez alors une partie du film peint. Pour éviter cela, la solution la plus efficace consiste à inciser systématiquement les bords du joint au cutter avant de le retirer.

Procédez par petites longueurs, sans chercher à arracher tout le cordon en une seule fois. Si, malgré ces précautions, la peinture commence à se soulever, arrêtez immédiatement et recoupez le mastic au plus près du support. Vous limiterez ainsi les dégâts à quelques éclats localisés, faciles à reboucher et à repeindre. Rappelez-vous qu’un retrait patient et méthodique est toujours plus rapide, au final, qu’une dépose brutale qui impose ensuite de gros travaux de reprise de peinture.

Protéger les joints silicone adjacents lors du grattage mécanique

Dans de nombreuses installations, les joints acryliques côtoient des joints silicone, par exemple autour d’une baignoire ou d’un plan de travail. Le silicone, plus souple et souvent plus récent, doit être préservé lorsque seule la partie acrylique doit être remplacée. Or, lors du grattage mécanique, il est facile d’entamer par inadvertance un cordon silicone en bon état. Pour éviter cette erreur, commencez par repérer visuellement tous les types de joints présents et, si besoin, marquez les zones à conserver avec un ruban de masquage.

Ce ruban servira à la fois de repère visuel et de protection mécanique légère contre les dérapages d’outil. Adoptez également une orientation de grattage « fuyante » par rapport au joint silicone : c’est-à-dire que vous devez toujours pousser ou tirer votre outil en vous éloignant du silicone, jamais en allant vers lui. En cas de doute, privilégiez des outils en plastique dans les zones proches des joints à préserver. Cette vigilance vous évitera de devoir refaire des joints silicone encore parfaitement fonctionnels.

Prévenir les rayures sur faïence émaillée et surfaces vitrées

Les surfaces dures et brillantes, comme la faïence émaillée, le verre ou certaines crédences laquées, sont particulièrement sujettes aux rayures lors du retrait de joint. Une rayure profonde sur un carrelage mural ou un pare-douche en verre peut être quasi impossible à rattraper sans remplacement complet. Pour minimiser ce risque, bannissez les outils trop agressifs (tournevis, couteaux non adaptés, burins) et privilégiez les grattoirs spécialement conçus pour les joints, éventuellement équipés de lames en plastique ou de bords arrondis.

Vous pouvez également appliquer, de part et d’autre du joint, un ruban de masquage épais qui servira de « butée » à vos outils : si la lame dérape, elle viendra heurter le ruban plutôt que la surface brillante. Enfin, n’exercez jamais une pression excessive dans l’axe perpendiculaire au support ; au contraire, maintenez vos lames presque parallèles à la surface, comme si vous vouliez les faire glisser plutôt que les planter. En respectant ces quelques précautions, vous pourrez enlever un joint acrylique même ancien tout en conservant intact l’aspect de vos revêtements les plus délicats.