Comment isoler une cage d’escalier efficacement ?

La cage d’escalier représente l’un des points les plus critiques en matière de déperditions énergétiques dans un bâtiment. Véritable cheminée thermique reliant les différents niveaux d’habitation, elle favorise les mouvements d’air non contrôlés et les transferts de température entre espaces chauffés et non chauffés. Cette zone de circulation verticale accumule également les nuisances sonores, amplifiant les bruits de pas, les conversations et créant une réverbération désagréable. Selon des études thermographiques récentes, une cage d’escalier non isolée peut générer jusqu’à 15% des pertes thermiques totales d’une habitation. Face à ces constats, l’isolation de cet espace devient une priorité pour améliorer votre confort quotidien tout en réduisant significativement vos factures énergétiques. Les solutions techniques actuelles permettent d’intervenir efficacement sur ces volumes contraints, en combinant performance thermique, traitement acoustique et respect des contraintes architecturales.

Diagnostic thermique et acoustique de la cage d’escalier

Avant d’entreprendre tout chantier d’isolation, la réalisation d’un diagnostic complet s’impose comme une étape incontournable. Cette analyse préalable permet d’identifier précisément les faiblesses de votre installation et d’adapter les solutions techniques aux problématiques spécifiques rencontrées. Les professionnels du bâtiment disposent aujourd’hui d’outils de mesure sophistiqués qui révèlent les défauts invisibles à l’œil nu. Investir dans cette phase d’audit représente une économie substantielle à long terme, en évitant les interventions inadaptées ou insuffisantes. Le diagnostic couvre plusieurs dimensions complémentaires, depuis l’analyse structurelle jusqu’aux mesures acoustiques, en passant par la détection des flux d’air parasites.

Analyse des ponts thermiques structurels entre les étages

Les ponts thermiques constituent les zones où la continuité de l’isolation est rompue, créant des passages privilégiés pour la chaleur. Dans une cage d’escalier, ces points critiques se situent principalement aux liaisons entre planchers et murs périphériques, au niveau des paliers intermédiaires et autour des trémies d’escalier. L’analyse structurelle examine la nature des matériaux en présence : dalles béton, poutres métalliques, maçonnerie traditionnelle. Chaque élément présente une conductivité thermique spécifique qui influence le comportement global de l’enveloppe. Les professionnels utilisent des modélisations numériques pour calculer les coefficients de transmission linéiques, exprimés en W/(m·K), et quantifier précisément l’impact de chaque pont thermique sur les performances énergétiques du bâtiment.

Mesure du coefficient de transmission thermique U existant

Le coefficient U, exprimé en W/(m²·K), quantifie la performance isolante d’une paroi. Plus cette valeur est faible, meilleure est l’isolation. Pour une cage d’escalier existante, les mesures in situ révèlent souvent des coefficients U compris entre 1,5 et 3,0 W/(m²·K) pour des murs non isolés, bien au-delà des exigences réglementaires actuelles. Les techniciens utilisent des fluxmètres thermiques qui enregistrent pendant plusieurs jours les flux de chaleur traversant les parois, combinés aux relevés de température intérieure et extérieure. Cette campagne de mesures permet d’établir un état des lieux précis et de dimensionner correctement l’épaisseur d’isolant nécessaire pour atteindre les objectifs de performance fixés, généralement un coefficient U inférieur à 0,40 W/(m

²·K).

Évaluation de la réverbération sonore et du temps TR60

Au-delà de l’isolation thermique de la cage d’escalier, la dimension acoustique joue un rôle déterminant dans le confort ressenti. Les parois dures (béton, carrelage, enduits lisses) transforment cet espace en véritable caisse de résonance, allongeant le temps de réverbération, souvent noté TR60. Ce paramètre correspond au temps nécessaire pour que le niveau sonore diminue de 60 dB après l’arrêt d’une source de bruit. Dans une cage d’escalier non traitée, le TR60 peut facilement dépasser 1,5 à 2 secondes, générant un écho perceptible à chaque pas ou conversation.

Les acousticiens mesurent ce temps de réverbération à l’aide de sources sonores normalisées (ballon de baudruche, pistolet de départ, enceinte émettant un bruit rose) et de microphones calibrés placés à différents niveaux de l’escalier. Les résultats sont ensuite comparés aux valeurs de confort recommandées, idéalement comprises entre 0,6 et 1,0 seconde pour une cage d’escalier dans un logement collectif ou une maison de standing. Cet audit permet d’identifier les fréquences problématiques (graves, médiums, aigus) et de déterminer le type de traitement acoustique à privilégier : panneaux absorbants, doublages isolants, revêtements de sol amortissants.

Détection des infiltrations d’air par thermographie infrarouge

Les infiltrations d’air parasites constituent un autre talon d’Achille de la cage d’escalier. Même avec une isolation thermique performante, des fuites d’air au niveau des joints de menuiseries, des trappes, des passages de gaines ou des boîtiers électriques dégradent fortement l’efficacité globale. Pour les repérer avec précision, les spécialistes recourent à la thermographie infrarouge, parfois associée à un test d’infiltrométrie (ou blower-door). Cette méthode met littéralement en image les zones de convection d’air froid et les défauts d’étanchéité à l’air.

Lors d’une campagne de thermographie, la cage d’escalier est mise en légère dépression, puis les caméras infrarouges visualisent les écarts de température à la surface des parois. Les zones plus froides trahissent des infiltrations ou des ponts thermiques marqués. Vous pouvez ainsi prioriser les interventions : reprise des joints, pose de membranes pare-air, remplacement de joints de portes ou mise en place de trappes isolées. Cette étape de diagnostic est essentielle avant d’engager une isolation intérieure, car elle évite de « piéger » des flux d’air derrière les doublages, source de condensation et de pathologies ultérieures.

Matériaux isolants haute performance pour cages d’escalier

Une fois le diagnostic thermique et acoustique posé, se pose la question du choix des matériaux isolants pour la cage d’escalier. Les contraintes y sont nombreuses : faible épaisseur disponible, exigences de sécurité incendie, risques d’impacts, passages fréquents. Il est donc pertinent de privilégier des isolants haute performance, associant bon coefficient de résistance thermique R, comportement au feu adapté (classé A ou M0/M1) et, si possible, capacités d’absorption acoustique. Vous vous demandez quel isolant choisir dans un escalier étroit ou très fréquenté ? Passons en revue les solutions les plus adaptées.

Panneaux de laine de roche ROCKWOOL et leur résistance au feu M0

Les panneaux de laine de roche, notamment ceux proposés par ROCKWOOL, constituent une référence pour l’isolation des cages d’escalier, en particulier en habitat collectif ou en maison à plusieurs niveaux. Leur principal atout réside dans leur réaction au feu : classés A1 ou M0, ils sont incombustibles et ne contribuent pas à la propagation d’un incendie, un point capital dans un volume servant souvent de voie d’évacuation. Avec des résistances thermiques pouvant dépasser R = 3,7 m²·K/W pour 140 mm d’épaisseur, ces panneaux offrent un excellent compromis entre épaisseur et performance.

Sur le plan acoustique, la laine de roche se distingue également par sa forte capacité d’absorption, en particulier dans les médiums et les aigus, ce qui la rend idéale pour limiter la réverbération dans les escaliers. Elle se pose soit derrière un parement en plaques de plâtre, soit dans une contre-cloison sur ossature métallique. Vous pouvez par exemple combiner une laine de roche semi-rigide de 45 à 75 mm avec une plaque de plâtre haute dureté, afin de résister aux chocs de la circulation quotidienne. Dans les zones à risque d’humidité (cave, sous-sol), on privilégiera des panneaux conçus pour rester stables dans le temps malgré de légères condensations ponctuelles.

Isolants minces multicouches réfléchissants type ACTIS Triso-Super

Dans de nombreuses cages d’escalier, l’épaisseur disponible pour l’isolation intérieure ne dépasse pas 3 à 4 cm, comme c’est souvent le cas dans les escaliers étroits ou les montées d’escalier anciennes. Les isolants minces multicouches réfléchissants, tels que ceux de la gamme ACTIS Triso-Super, apparaissent alors comme une solution intéressante. Constitués de couches successives de films aluminium, de mousses et de ouates, ils agissent principalement par réflexion du rayonnement thermique, à condition d’être posés avec des lames d’air immobiles de part et d’autre.

Attention toutefois : malgré des performances annoncées élevées, ces isolants minces ne remplacent pas toujours, à eux seuls, une isolation épaisse traditionnelle. Ils trouvent plutôt leur pertinence en complément d’une isolation existante ou lorsque la contrainte d’épaisseur est vraiment bloquante. Dans une cage d’escalier, ils peuvent être agrafés sur une ossature légère (bois ou métal), puis recouverts d’un parement décoratif. Leur faible épaisseur est un atout pour préserver la largeur utile des marches, mais il faudra veiller à garantir une bonne étanchéité à l’air aux jonctions pour tirer pleinement parti de leur effet réfléchissant.

Plaques de polystyrène extrudé XPS pour sous-face de paliers

Le polystyrène extrudé (XPS) est un isolant rigide, à cellules fermées, particulièrement intéressant pour les zones exposées à l’humidité ou aux chocs, comme les sous-faces de paliers au-dessus d’une cave ou d’un garage non chauffé. Ses performances thermiques sont élevées, avec des valeurs de λ (conductivité) autour de 0,030 à 0,035 W/(m·K), ce qui permet d’atteindre des résistances thermiques satisfaisantes avec une épaisseur limitée. Dans une cage d’escalier, on l’utilise souvent en panneaux collés ou chevillés sous les dalles béton, avant la mise en œuvre d’un parement de protection.

Son autre avantage est sa bonne tenue mécanique : les plaques XPS résistent bien aux petits chocs lors des opérations d’entretien ou de passage d’objets encombrants dans l’escalier. En revanche, sur le plan acoustique, le polystyrène extrudé est moins performant que les isolants fibreux. Il est donc souvent couplé à un autre matériau absorbant (laine minérale, panneau perforé) lorsque l’on souhaite traiter simultanément isolation thermique et réduction des bruits d’impact entre les étages. Enfin, on veillera à protéger l’XPS du feu en le recouvrant d’un parement classé au feu, conformément aux règles de sécurité en vigueur.

Fibres de bois STEICO et régulation hygrométrique naturelle

Pour les projets d’isolation de cage d’escalier à dominante écologique ou biosourcée, les panneaux en fibres de bois de marques comme STEICO constituent une alternative séduisante. Ils offrent une bonne performance thermique (λ autour de 0,036 à 0,045 W/(m·K)) et une capacité de déphasage intéressante, c’est-à-dire qu’ils retardent la pénétration de la chaleur en été. Mais leur véritable atout réside dans leur régulation hygrométrique naturelle : ces panneaux sont capables de tamponner l’humidité ambiante, en absorbant l’excès temporaire puis en le restituant progressivement.

Dans une cage d’escalier donnant sur une cave semi-enterrée ou des murs anciens légèrement humides, cette propriété permet de limiter les phénomènes de condensation superficielle. Couplés à des enduits perspirants (chaux, enduits terre), les panneaux en fibres de bois participent à un climat intérieur plus sain. Ils sont également appréciés pour leurs performances acoustiques, car leur structure fibreuse absorbe efficacement les bruits aériens. Comme tout isolant combustible, ils doivent cependant être protégés par un parement résistant au feu et mis en œuvre dans le respect des avis techniques, notamment en ce qui concerne la gestion de la vapeur d’eau.

Techniques d’isolation thermique des parois verticales et rampants

Choisir un bon isolant pour la cage d’escalier ne suffit pas : la technique de pose conditionne largement le résultat final. Entre doublage collé, contre-cloison sur ossature et insufflation dans des murs creux, chaque méthode répond à une configuration précise. Vous hésitez entre gagner quelques centimètres de largeur ou viser une performance maximale ? L’enjeu est de trouver le bon équilibre entre épaisseur d’isolant, complexité de mise en œuvre et contraintes esthétiques.

Doublage collé avec complexe isolant plâtre PLACO phonique

Le doublage collé avec complexe isolant-plaque de plâtre est l’une des solutions les plus utilisées pour l’isolation des parois verticales de cage d’escalier, surtout lorsque l’on souhaite limiter l’emprise sur la largeur utile. Les complexes de type PLACO Phonique + isolant (polystyrène expansé, laine minérale) se présentent sous forme de grands panneaux préfabriqués que l’on vient coller directement sur le mur existant, à l’aide de plots de mortier adhésif. L’avantage principal est la rapidité d’exécution et la surface finie plane prête à être peinte.

En optant pour une plaque de plâtre à performance acoustique renforcée (type BA13 phonique) associée à un isolant adapté, on améliore simultanément l’isolation thermique et l’affaiblissement acoustique des bruits traversant le mur de l’escalier. Cette solution convient particulièrement pour isoler un mur mitoyen donnant sur un logement voisin ou un local bruyant. Il faudra toutefois veiller à traiter soigneusement les raccords en pied et en tête de doublage, ainsi qu’autour des menuiseries, afin d’éviter la formation de ponts thermiques et de fuites d’air.

Ossature métallique et contre-cloison avec pare-vapeur SD

Lorsque l’on recherche une isolation renforcée ou que le support présente de fortes irrégularités, la réalisation d’une contre-cloison sur ossature métallique s’impose comme la technique la plus polyvalente. Des rails et montants en acier galvanisé sont fixés au sol et au plafond de la cage d’escalier, puis garnis d’un isolant en panneaux ou en rouleaux (laine de roche, laine de verre, fibres de bois). Un pare-vapeur ou une membrane frein-vapeur, caractérisée par sa valeur SD, est ensuite appliqué côté intérieur, avant la pose des plaques de plâtre.

Ce système permet de passer facilement les gaines électriques et de rectifier les défauts de planéité des murs existants, tout en créant une couche continue d’isolant. Dans une cage d’escalier, on dimensionnera l’épaisseur de l’ossature en fonction de la largeur disponible : rails de 48 mm, 70 mm ou plus pour atteindre des résistances thermiques élevées. La gestion de la vapeur d’eau est un point clé : un mauvais positionnement du pare-vapeur peut conduire à des condensations dans l’isolant, surtout si le mur donne sur un local non chauffé ou l’extérieur. D’où l’importance de respecter les schémas de pose préconisés par les fabricants et, au besoin, de se faire accompagner par un professionnel.

Insufflation de ouate de cellulose IGLOO dans les murs creux

Dans les bâtiments anciens dotés de murs à double paroi (brique creuse, parpaing avec lame d’air), l’insufflation de ouate de cellulose, par exemple la ouate IGLOO, offre une alternative pertinente à l’isolation par doublage. Des orifices sont percés à intervalles réguliers dans la paroi intérieure ou extérieure, puis la ouate est projetée sous pression afin de remplir l’intégralité du vide. Cette technique permet d’améliorer l’isolation thermique de la cage d’escalier sans réduire la largeur des marches ni modifier l’aspect intérieur.

La ouate de cellulose présente de bonnes performances thermiques (λ autour de 0,040 W/(m·K)) et un comportement intéressant vis-à-vis de l’humidité, puisqu’elle peut absorber puis restituer une certaine quantité d’eau sans perdre ses propriétés isolantes. Dans le contexte d’une cage d’escalier, elle offre également un complément d’isolation acoustique, notamment pour les bruits aériens venant de l’extérieur ou d’un local voisin. L’insufflation requiert cependant une expertise spécifique pour éviter les poches d’air ou les surdensités, et elle n’est possible que si la configuration des murs le permet. Un diagnostic préalable à la caméra endoscopique est donc souvent nécessaire.

Isolation phonique et traitement acoustique spécifique

Réduire les déperditions de chaleur dans une cage d’escalier ne suffit pas à garantir le confort : sans traitement acoustique adapté, l’espace peut rester bruyant et réverbérant. Qui n’a jamais entendu des conversations remonter de plusieurs étages par l’escalier, comme dans une « colonne sonore » ? Pour y remédier, il faut combiner isolation phonique (limiter la transmission entre pièces) et correction acoustique (traiter le son à l’intérieur même de la cage d’escalier).

Membranes acoustiques lourdes de type TECSOUND ou PHONISOL

Les membranes acoustiques lourdes, telles que TECSOUND ou PHONISOL, sont des produits à forte masse surfacique, généralement à base de polymères chargés en minéraux. Leur rôle est d’augmenter la masse des parois légères (cloisons, doublages) afin de renforcer l’affaiblissement acoustique, notamment dans les fréquences graves et médiums. Dans une cage d’escalier, on les intègre généralement entre l’isolant et le parement en plaques de plâtre, ou en couche intermédiaire entre deux plaques.

Cette configuration masse-ressort-masse (plaque – isolant – membrane lourde – plaque) est particulièrement efficace pour limiter la transmission des bruits de voix et de télévision entre les logements et la cage d’escalier. L’épaisseur supplémentaire reste faible, souvent de l’ordre de quelques millimètres, ce qui est un avantage dans un espace déjà contraint. Il convient cependant de traiter avec soin les raccords entre membranes et de veiller à leur continuité sur l’ensemble de la surface isolée, faute de quoi les performances annoncées seraient fortement dégradées.

Correction acoustique par panneaux absorbants perforés

Pour réduire la réverbération interne et améliorer le confort sonore dans la montée d’escalier, la correction acoustique par panneaux absorbants est une solution très efficace. Il peut s’agir de panneaux en plâtre perforé, en bois ajouré ou en fibres minérales, posés sur les murs ou le plafond de la cage d’escalier. Leur principe repose sur la combinaison d’une surface perforée et d’un matelas absorbant derrière (laine minérale, fibres de bois), qui transforme l’énergie sonore en chaleur par frottement dans les pores du matériau.

Vous pouvez par exemple habiller un ou deux grands pans de mur avec ces panneaux, en privilégiant les zones de forte réflexion sonore (faces parallèles, plafond au-dessus des paliers). Le résultat est souvent spectaculaire : le temps de réverbération TR60 diminue nettement, les échos disparaissent et les bruits de pas deviennent moins agressifs. De nombreux fabricants proposent aujourd’hui des finitions esthétiques (motifs, couleurs, micro-perforations) permettant d’intégrer discrètement le traitement acoustique dans le projet décoratif de votre cage d’escalier.

Désolidarisation des structures avec bandes résilientes sylomer

Les bruits d’impact, comme les pas sur les marches ou les chocs sur les garde-corps, se propagent principalement par les structures rigides du bâtiment. Pour les atténuer, la désolidarisation des éléments porteurs est une solution incontournable. Les bandes résilientes à base d’élastomères techniques, comme le Sylomer, sont particulièrement adaptées à cet usage. Placées sous les rails des cloisons, sous les lambourdes de plancher ou au niveau des appuis d’escaliers métalliques, elles créent une interface souple qui limite la transmission des vibrations.

Dans une cage d’escalier existante, on peut notamment utiliser ces bandes lors de la création d’une nouvelle contre-cloison ou de la pose de garde-corps fixés sur le côté des marches. Cela revient à insérer un « coussin » amortissant entre deux pièces rigides, un peu comme des silentblocs sur une machine. Bien que ces éléments ne soient pas visibles une fois les finitions réalisées, leur impact sur le confort acoustique est significatif, en particulier dans les immeubles où les circulations sont fréquentes.

Isolation des portes palières avec joints à lèvre ou brosse

Les portes palières constituent souvent le maillon faible de l’isolation phonique et thermique de la cage d’escalier. Même si les parois sont bien traitées, une porte mal jointoyée laisse passer l’air froid, les odeurs et le bruit. L’amélioration des performances passe donc par plusieurs actions : remplacement éventuel de la porte par un modèle isolant, renforcement du vantail existant et surtout optimisation des joints périphériques. Les joints à lèvre ou à brosse, posés en périphérie et en partie basse, réduisent considérablement les fuites sonores et les courants d’air.

Vous pouvez, par exemple, installer un joint automatique en pied de porte, qui s’abaisse au moment de la fermeture et se relève à l’ouverture, évitant ainsi de frotter sur le sol. Le calfeutrement des feuillures par des joints compressibles améliore l’étanchéité à l’air et renforce l’affaiblissement acoustique global de la porte palière. Dans un contexte de rénovation énergétique, cette intervention, relativement simple et peu coûteuse, offre un excellent rapport gain/prix, surtout lorsqu’elle est combinée à l’isolation de la cage d’escalier elle-même.

Traitement des points singuliers et finitions étanches à l’air

Une isolation de cage d’escalier, même réalisée avec des matériaux performants, peut voir son efficacité réduite de moitié si les points singuliers ne sont pas correctement traités. Passages de gaines, jonctions mur-plafond, encadrements de fenêtres, trappes d’accès : autant de zones où l’air et le bruit s’infiltrent plus facilement. L’objectif est donc de transformer cet espace en une « enveloppe » continue, à la fois isolante et étanche à l’air, sans négliger l’esthétique des finitions.

Calfeutrement des passages de gaines avec mousse polyuréthane SIKA

Les passages de gaines électriques, de conduites d’eau ou de ventilation à travers les murs et plafonds de la cage d’escalier créent autant de perforations dans l’enveloppe isolante. Pour les reboucher de manière durable, la mousse polyuréthane expansive, comme celles proposées par SIKA, est une solution efficace. Injectée dans l’interstice, elle se dilate, comble les vides et adhère aux supports, assurant un bon niveau d’étanchéité à l’air et améliorant légèrement l’isolation thermique locale.

Il est toutefois important de respecter certaines précautions : ne pas surcharger les gaines électriques, laisser la mousse durcir complètement avant de la couper à ras, puis protéger la zone par un enduit ou un collier coupe-feu si les exigences réglementaires l’imposent. Dans les zones soumises à des contraintes incendie particulières (cage d’escalier d’immeuble collectif), on privilégiera des mousses ou mastics spécifiquement certifiés coupe-feu. Le calfeutrement systématique de ces points de passage fait souvent la différence lors des tests d’infiltrométrie.

Étanchéité des joints périphériques au mastic acrylique

Les joints périphériques entre plaques de plâtre, encadrements de menuiseries, plinthes et murs sont autant de micro-fuites potentielles pour l’air et le bruit. L’application d’un mastic acrylique en finition permet de réaliser un joint souple, peinturable, qui assure la continuité de l’étanchéité à l’air. Contrairement au silicone, plus difficile à repeindre, le mastic acrylique se fond visuellement dans le support après mise en peinture, tout en gardant une certaine élasticité pour suivre les mouvements différentiels des matériaux.

Dans une cage d’escalier, on veillera tout particulièrement à traiter les jonctions en pied et en tête de doublage, autour des tableaux de fenêtres, ainsi qu’au droit des raccords entre panneaux acoustiques et parois brutes. Cette étape peut sembler secondaire, mais elle contribue à éviter les circulations d’air derrière les isolants et à stabiliser le confort thermique. Pour vous repérer, pensez à raisonner comme pour fermer un sac : chaque ouverture, même minime, doit être repérée puis « refermée » avec un joint continu.

Installation de trappes d’accès isolées et étanches ISOTEC

Les trappes d’accès aux combles, aux gaines techniques ou aux sous-plafonds dans les cages d’escalier sont souvent sous-estimées, alors qu’elles représentent un point de fuite majeur. Opter pour des trappes isolées et étanches, comme certains modèles de la gamme ISOTEC, permet de limiter ces déperditions. Ces trappes intègrent un isolant (polystyrène, laine minérale) dans leur épaisseur et sont équipées de joints périphériques comprimés à la fermeture, améliorant ainsi l’étanchéité à l’air.

Lors de la pose, il est essentiel de soigner le raccord entre le cadre de la trappe et le parement (plafond ou paroi), en le complétant éventuellement par un joint de mastic acrylique. Pensez aussi à vérifier régulièrement l’état des joints au fil du temps, car l’usure mécanique liée aux ouvertures successives peut créer de nouvelles fuites. Bien conçue, une trappe isolée ne sera plus le « maillon faible » de votre cage d’escalier, mais un élément à part entière de votre stratégie d’isolation thermique et acoustique.

Conformité réglementaire RT 2012 et normes acoustiques NRA

Isoler une cage d’escalier ne relève pas seulement du confort : le projet doit aussi respecter le cadre réglementaire en vigueur. En matière thermique, pour les bâtiments neufs, la RT 2012 (remplacée depuis par la RE2020 pour les constructions récentes) fixe des exigences globales de performance énergétique, qui incluent le traitement des ponts thermiques et de l’étanchéité à l’air. Dans l’existant, c’est la réglementation thermique de l’existant (RT Existant) qui s’applique, avec des résistances thermiques minimales recommandées pour les parois donnant sur l’extérieur ou sur des locaux non chauffés. Les murs adjacents à une cage d’escalier non chauffée doivent, par exemple, atteindre des valeurs de R souvent comprises entre 2,2 et 2,9 m²·K/W.

Sur le plan acoustique, les normes NRA (Nouvelle Réglementation Acoustique) encadrent l’isolation entre logements et parties communes dans le neuf. Elles imposent notamment un affaiblissement acoustique minimal des parois séparatives et des portes palières, afin de limiter les bruits de circulation provenant de la cage d’escalier. En rénovation, même si l’obligation stricte est moins forte, s’aligner sur ces performances reste un objectif pertinent pour valoriser le bien et améliorer le confort. En pratique, cela signifie choisir des matériaux isolants avec des performances certifiées, respecter les règles de l’art de mise en œuvre et, si possible, faire vérifier les résultats par des mesures sur site (tests d’isolement ou d’infiltrométrie).

En respectant ces référentiels (RT 2012/RT Existant, RE2020, NRA) lors de l’isolation de votre cage d’escalier, vous vous assurez non seulement de réduire durablement vos consommations de chauffage, mais aussi d’augmenter la valeur patrimoniale de votre habitation. Vous créez surtout un espace de circulation confortable, sûr en cas d’incendie et agréable à vivre au quotidien, loin de l’image froide et bruyante que l’on associe encore trop souvent aux cages d’escalier mal isolées.